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99 choses que vous ne saviez pas sur Jay-Z. Part 3/3 : de l'enfant seul à la paire de rois.

Dossier coordonné par Raphaël Malkin

99 choses que vous ne saviez pas sur Jay-Z. Part 3/3 : de l'enfant seul à la paire de rois.
Dossier coordonné par Raphaël Malkin

Les 99 choses que vous ne connaissez pas sur Jay-Z : Partie 1 

Les 99 choses que vous ne connaissez pas sur Jay-Z : Partie 2

Jay-Z est partout. Tout le temps. Si l’homme est aujourd’hui classé parmi les personnes les plus influentes du monde, -dont la fortune était estimée à 520 millions de dollars par Forbes en avril 2014- c’est parce qu’il accompagne notre quotidien comme personne. Que ce soit pour un featuring, un concert, un contrat business, une news people, l’actualité de Jay-Z, ce rappeur au costume d’entertainer et à la malette d’entrepreneur, a un écho énorme qui nous revient forcément aux oreilles. 

C'est comme si toutes les informations menaient à Jay-Z. Et puis ne serait-ce qu’au chapitre de la scène, connaît-on un autre rappeur capable de prendre sa retraite pour finalement revenir plus fort ? Et s'offrir d'ailleurs deux dates au Stade de France les 12 et 13 septembre avec sa conjointe (ndlr: la reine du Rnb Beyoncé, qui orne d'ailleurs notre une du mois) ? Mieux : connaît-on un autre rappeur de presque 44 ans – Jay-Z est né en 1969 ! – à qui l’on accorde encore du crédit et dont on attend avec une impatience fiévreuse les nouveaux projets. Non et non. Ceci dit, l’aura planétaire dont bénéficie l'homme n’est pas si vieille que ça. Grosso modo, disons que c’est depuis 2009 et la sortie de son Blueprint 3 – porté par l’utra efficace « Empire State of Mind » et les bons offices de Kanye West – que le hip hop mogul surplombe le monde.

Et avant ? Qui est capable de citer par cœur la discographie du rappeur ? Si l’on imagine connaître Jay-Z du fait de son hyper présence sur l’avant-scène, on en sait finalement assez peu sur son parcours, sur les lignes droites, les virages et les dos d'âne qui émaillent sa carrière longue d’une vingtaine d’années maintenant. A-t-il toujours été au top ? Comment a-t-il construit son affaire ? Par quel biais s’est-il imposé comme un entrepreneur de génie? Sur Jay-Z, on sait tout, sans vraiment rien savoir. Lui disait qu’il avait 99 problèmes, mais qu’une « bitch » n’en était pas un. Voilà 99 secrets sur Jay-Z, picorés ça et là dans un lot qui en comporte évidemment bien plus. Pour tenter de lever le voile sur une vie incroyable. 

Suite et fin de notre liste de secrets :

68. L'enfant seul

Jusqu’ici évasif sur le sujet, Jay-Z se confie à GQ, en novembre 2011 sur la relation qu’il entretenait avec son paternel, le dénommé Adnis Reeves. Ce dernier, après la perte de son frère, a sombré dans l’alcool et autres substances plus ou moins licites («Between him doing heroin and me doing crack sales » - « Moment Of Clarity », Black Album) et a délaissé sa famille. Abonné absent aux rares rendez-vous pris avec son fils, il ne le reverra pas avant 2003. Une fois. Un mois à peine avant de s’éteindre, détruit par la tise. *«Entre lui qui se shoote à l’héroïne et moi qui vend du crack »

69. À l'West, du nouveau

Pour remettre sa discographie sur de bons rails après son petit coup de mou post-retraite, Jay-Z a besoin de jouer la sécurité. Il met alors en chantier le numéro 3 des Blueprint et se raccroche comme il peut à la branche Kanye West. Son ancien protégé rappe sur deux titres (dont le single « Run This Town ») et supervise tout l’album. Par la suite, West drive le disque mastodonte Watch The Throne, dans lequel Jay-Z suit le mouvement, apparaissant comme le sujet consentant des expérimentations d’un petit génie. Le rappeur a en tout cas fait le bon choix : grâce à ce retour gagnant, il a bel et bien conquis de nouveaux publics avec les hits « Empire State Of Mind » et « Niggas In Paris ». Cela dit, Jay-Z n’a cette fois plus les airs arrogants de sa jeunesse. Il est désormais un vieux briscard qui a besoin d’être guidé pour briller.

70. Coup de mou

Après la sortie de Kingdom Come en 2006 et son retour sur l’avant-scène, Jay-Z se cherche désespérément une nouvelle identité. Pour y parvenir, il essaie tout ce qui lui passe par la tête: il tente de sympathiser avec la nouvelle génération (T.I., Lil’Wayne, notamment avec le single « Swagga Like US ») ; il pond un album concept nostalgique autour d’un blockbuster de Ridley Scott (American Gangster) et il sample même du Véronique Sanson (« History », resté sans suite). Durant toute cette période, si ses ventes et son aura se maintiennent, c’est surtout tout grâce à une visibilité accrue (merci Beyoncé) et à des partenariats malins (Budweiser, HP, Live Nation). Beaucoup moins grâce à la pertinence de sa musique. De cette errance artistique, on retient peu de choses si ce n’est le magnifique freestyle « My President Is Black Remix» (2008) dans lequel Jay-Z célèbre la victoire d’Obama avec autant d’émotion que si c’était la sienne.

71. The Ghetto Anthem

En 1977, sort à Broadway la comédie musicale Annie. L’histoire d’une fillette martyrisée par la taulière de l’orphelinat qu’elle occupe, jusqu’à ce qu’un milliardaire se prenned’affection pour elle. La suite : un couple d’escrocs se fait passer pour les parents décédés de la petite, espérant ainsi voler le richard. Le spectacle est un véritable succès. Plus de vingt ans plus tard, le troisième album studio de Jay-Z, Vol. 2 : Hard Knock Life, dézingue les charts. Le rapport ? Le titre éponyme du disque, encore aujourd’hui considéré comme un des plus gros tubes de Shawn Carter, utilise un sample emprunté à une composition d’Annie, imaginée par Charles Strouse. Après la sortie de son Vol.2, Jay Z signe le plus gros chèque de royalties que Strouse ait jamais reçu dans sa carrière de compositeur. Dans une interview en 2011, ce dernier s’est sobrement exprimé sur l’utilisation de son travail par le rappeur: «Jay-Z a su exprimer dans la chanson la terreur que ressentaient les filles du ghetto qui devaient vraiment travailler. »

72. Nippes

C’est en 1999 que Jay-Z lance la marque Rocawear, en collaboration avec Damon « Dame » Dash, son grand acolyte de l’époque. Imaginée comme le pendant textile du label Roc-A-Fella, la marque reprend les codes de la sape hip hop version citadine et les décline à l’envi. Un flair qui, une fois de plus, a (bien) payé: banco les sept cents millions de dollars de vente annuelle. En mars 2007, Jay-Z vend les droits de la marque au groupe Iconix Brand, géant du secteur, pour quelques 204 millions de dollars. Twist ultime, il garde ses parts dans la boîte et supervise toujours le marketing et le développement des produits. 

73. Coup de filet

On a beaucoup ergoté sur le rôle joué par Jay-Z dans le lancement des Nets, la toute nouvelle équipe NBA de Brooklyn. Le rappeur aurait pesé de tout son poids, financier et statutaire, pour faire aboutir le projet. Aussi, on a tôt fait de consacrer Jay-Z comme l’un des propriétaires du club aux côtés de l’oligarque russe Mikhail Prokhorov. Mais dans les faits, Jay-Z n’a jamais été qu’un tout petit actionnaire du machin. À hauteur de 0,067 % pour être précis. Une minuscule part dont le rappeur s’est récemment délesté pour se lancer dans un nouveau business : la représentation d’athlètes. Via Roc Nation Sports, une franchise montée en février dernier, Jay-Z a déjà récupéré plusieurs accords de sportifs pour le rejoindre. Kevin Durant des Thunders d’Oklahoma City et Robinson Canó des New York Yankees devraient ainsi être de la partie.

74. Frères Ennemis

Été 2007. Une vidéo fait son apparition sur YouTube : face caméra, un homme accuse Jay-Z d’avoir tourné le dos aux gens qui l’ont aidé et soutenu durant ses années de galère, et d’exagérer sa vie d’ancien gangster. Il s’agit de DeHaven Irby, « meilleur ami » du rappeur dans leurs jeunes années. Selon Irby, Shawn Carter gamin « était le même type de mec que celui qu’il est aujourd’hui: juste un mec cool » et qu’il était apparemment loin de vendre du crack par kilo : « C’est moi qui faisait tout le boulot. Je lui ai appris des trucs, mais je l’ai surtout gardé en dehors de la rue. Tout ce qui était à moi était à lui. Ma mère l’a emmené à la clinique lorsqu’on avait choppé la goutte et elle l’a sorti de prison.» Jalousie incontrôlée d’un côté ou exagération chronique de l’autre? Hova n’a jamais donné sa version. 

75. Mise en boîte

Jay-Z a également investi dans la nuit avec les clubs/bars 40/40, aujourd’hui présents d’un bout à l’autre du territoire américain. Le nom est un clin d’œil non déguisé au club des 40-40, cercle fermé que la Major League Baseball a créé pour les joueurs ayant accompli l’exploit de placer quarante home runs et quarante stolen bases en une seule et même saison. Le premier club ouvre à New York, sur Broadway, en 2003. Fort d’un succès boosté par la hype new-yorkaise, Jay-Z ouvre un deuxième club à Atlanta en 2005 (fermé, depuis) puis un troisième à Las Vegas en 2007. Le petit dernier de la bande est planté dans le Barclay Center, nouveau QG des Nets à Brooklyn. Los Angeles et Singapour sont dans le collimateur de Jigga pour les prochaines ouvertures. Une affaire qui lui rapporte près de cinq millions par an. 

76. Crackhead

Au pied des Marcy Houses, Jay-Z s’essaye au deal decrack, monnaie courante dans le quartier. Le gamin commence ses trafics à 13 ans. Pendant trois ans,il arrive à faire son business sans se faire choper. Désireux de ne pas passer sous la coupe des gros poissons, Jay-Z quitte ensuite Brooklyn pour installer son trafic à Trenton, New Jersey. Il a 16 ans. « Les petits gars qui travaillaient avec moi devaient gagner leur élastique [pour attacher les liasses de billet. L’objet, symbolique, était un peu l’équivalent d’une bonne image obtenue à l’école, ndlr] en faisant leur quota par semaine. S’ils faisaient quelque chose d’inconscient, comme perdre du taff ou mettre en danger quelqu’un de l’équipe, ils perdaient l’élastique ». Alors qu’il rend visite à son pote Hill au lycée local, il se fait arrêter sur le campus avec du crack plein les poches. Puisque c’est sa première arrestation, la police le laisse repartir après lui avoir confisqué son matos. Pour rembourser le cash qu’il doit alors à son fournisseur, Jay-Z deale pendant soixante heures d’affilées, restant éveillé en « mangeant des cookies et en écrivant des rimes sur le revers de sacs en papier ». Joli storytelling.

77. Guerre fraternelle

En 1997, alors que la mort de Notorious B.I.G. marque la fin du conflit Est-Ouest, les MC new-yorkais se cherchent un prétexte pour faire briller leurs armes lyricales. Spontanément, une question se pose: pour qui sera le trône laissé va- cant par Biggie? Entre un Nas déjà bien installé et un Jay-Z aux dents longues, les saillies verbales se font d’abord à demi-mots. Mais lorsque sort en 2001 The Blueprint et sa déclaration de guerre «Takeover», les flingues sont officiellement dégainés. Nas balance sur « Esther » que son rival est gay, ce dernier lui répond sur «Supa Ugly» qu’il a couché avec son ex. Nas ira même jusqu’à faire fabriquer une fausse marionnette de son ennemi afin de la pendre lors de ses concerts. La guerre prendra pourtant fin lorsque Jay-Z invitera Nas sur scène en 2005 pour interpréter le titre «Dead Presidents II». Depuis, les deux rappeurs coulent des jours heureux fait de featurings et de tapes sur l’épaule. Pour Magna Carta Holy Grail, Nas fait même une apparition sur le titre « BBC ».

78. Robert Jay

« Si quelqu’un vous appelle six fois, peu importe qui vous êtes, vous rappelez!» Robert de Niro n’a visiblement pas apprécié l’entêtement de Jay-Z à ne pas décrocher alors qu’il cherchait à le joindre pour le convier à son Tribeca Film Festival à New York. Et lorsqu’il l’a publiquement engueulé, le rappeur a prétexté ne pas être très branché téléphone. Et le partenariat pour la sortie de Magna Carta Holy Grail avec Samsung, alors [Le premier million d’acheteurs du nouveau Galaxy S4 se voyait offrir l’album, ndlr] ?

79. Du disciple à l'acolyte

Le 11 septembre 2001, malgré la météo orageuse, Kanye West est tout soleil. The Blueprint, l’album de Jay-Z dont il a signé une grosse partie de l’architecture sonore, vient tout juste de percuter les rayonnages des disquaires. Avec l’effet d’une bombe, l’album enflamme la critique et signe le retour du prince de New York. Énorme coup de pub pour le jeune producteur de Chicago qui, du jour au lendemain, reçoit les CV de Scarface, Mos Def, T.I, DMX, Ludacris ou même Nas. Mais Kanye voit les choses en XXL et veut désormais rapper. Dans un premier temps, Jay-Z et Roc-A-Fella Records sont sceptiques à l’idée de donner le micro à leur producteur fétiche, tant celui- ci ne colle pas à l’imagerie street du label. C’est pourtant sur The Blueprint2 : The Gift & the Curse, l’album suivant de son mentor, que Kanye West posera son premier couplet. D’un flow nouveau-né, il attaque le morceau « Bounce » avec une motivation carnassière qui lui ouvrira les portes d’une vraie carrière au micro. Le reste est connu: les featurings à répétition, The College Dropout, « Niggas in Paris » joué onze fois de suite à Bercy, un gros producteur blanc barbu en commun et des kilomètres de promenades en jet-privé couleur paillettes. 

80. Highlander

Si Jay-Z a prouvé avec son beef contre Nas qu’il pouvait exceller dans l’échange de cartouches verbales, ses ennemis ne se sont pas découragés pour lui en administrer quelques autres. La plus à la ramasse : 50 Cent déclarant qu’en dehors des USA et du milieu hip hop, personne ne connaissait Jay-Z. Récemment, Shawn Carter chargeait la clique Cash Money/Young Money dans «H.A.M», ce qui lui valait la réplique «It’s Good» de Lil’ Wayne. Autre rageux, le MC de Philadelphie Beanie Siegel a signé une longue série de diss tracks sur son ancien boss chez Roc-A-Fella, avant de s’en excuser pitoyable- ment. Mais le meilleur reste le « clash » avec Sexion d’Assaut qui devait assurer la première partie de son concert à Bercy le 6 juin 2010. Trop occupés à regarder la finale de Roland Garros avec Jay-Z, les techniciens du rappeur n’ont pas laissé le groupe français faire ses balances. Sexion d’Assaut a donc planté la première partie de Jay-Z. Pas dramatique.

81. One nation under guard

Jay-Z a rapidement compris que sur le long terme, le business le plus valable ne passerait pas par les cailloux de crack. Après l’épisode Roc-A-Fella Records (1995-2004) puis la présidence de Def Jam Records (2004-2008), Jay-Z signe en 2009 un contrat de 150 millions de dollars avec le promoteur de concerts Live Nation pour créer la filiale Roc Nation. Celle-ci intègre notamment son éphémère label Star Roc ainsi qu’une distribution assurée par Sony Music Entertainment. Avec des activités également dédiées au management d’artistes, au merchandising et à l’édition, le label prend la forme d’une énorme compagnie de divertissement aux activités plus transversales que jamais.

82. La clef sous la porte

Alors que des labels hip hop historiques comme Cash Money ou Bad Boys ont réussi à perdurer tant bien que mal au fil des années, la dynastie Roc-A-Fella, elle, explosera au vol en 2004. Guerre d’égo, ambitions personnelles et tensions artistiques auront fini par miner la boutique. Jay-Z aurait par exemple mal réagi lorsqu’à son retour de vacances, on lui annonca l’arrivée du rappeur Cam’Ron au poste de vice-président du label. Par la suite, alors que 50% des parts de « RAF » sont revendues à Def Jam pour dix millions de dollars, Jay-Z propose à ses coéquipiers Damon Dash et Kareem Burke de leur laisser la marque Roc-A- Fella en échange du master de son premier album Reasonable Doubt – « It’s business », leur dit-il au moment de dealer un accord. Ces derniers refusent. Jay-Z prend alors la tête de Def Jam, s’assurant ainsi un plein contrôle sur ses disques tout en précipitant, peu de temps après, la fermeture définitive de Roc-A- Fella. Dans « You gotta love it », sorti en 2006, Cam’ron accusera Jay-Z : « First, you stole Roc- A-Fella from Dame / Second, you stole Kanye from Dame / Third, you stole Rocawear from Dame ». *« D’abord tu as piqué Roc-A-Fella à Dame / Ensuite, tu a piqué Kanye à Dame / Enfin, tu as piqué Rocawear à Dame » 

83. Guinness

Sept concerts dans sept villes différentes en seulement vingt-quatre heures, c’est la performance de marathonien qu’a réalisé Jay-Z lors de la sortie de son album Kingdom Come en 2006.

84. Bonnie & Clyde

Jay-Z et Beyoncé se sont rencontrés il y a maintenant plus de dix ans. C’était en 2002. À l'époque, l’ambitieux rappeur désire collaborer avec la grande star des Destiny’s Child pour donner une dimension internationale à sa carrière. Ils enregistrent, avec Kanye West aux manettes, « ‘03 Bonnie & Clyde ». Jay-Z présente ce duo comme les « nouveaux Bobby Brown et Whitney Houston ». Les faux fugitifs, eux, ne sombreront pas dans la drogue et l’alcool et formeront rapidement un couple, en secret. Le temps d’enregistrer un autre hit en 2003, «Crazy In Love », les tourtereaux officialisent leur relation et se marient en 2008. En prenant le cœur de Beyoncé, Jay-Z fait coup double: il accède aux pages people (et donc à une nouvelle aura médiatique) et gagne beaucoup d’argent en signant des contrats publicitaires pour Hewlett- Packard et Budweiser.

85. Le masque de fer

Depuis des années, la rumeur veut que Jay-Z ait un fils caché. Pour étouffer ce résultat d’errance sexuelle pré-Beyoncé, il aurait même versé un million de dollars à la mère du bambin secret, le mannequin Shenelle Scott. Blue Ivy peut dormir tranquille, papa lui a construit un rempart de billets.

86. Fly high

Chez la famille Carter, on aime l’exubérance racoleuse. Pour sa première fête des pères, Beyoncé a donc offert à son rappeur de mari un jet privé à quarante millions de dollars. Le Bombardier Challenger 850 en question peut accueillir une quinzaine de personnes puisqu’il est aménagé comme un appartement de luxe avec une cuisine, une chambre, deux salles de bain et de larges banquettes de cuir couleur crème. De quoi fêter ça tranquillement, à 2000 km/h au- dessus des nuages et d’un monde qui trime.

87. Mémoire courte

«Jay oublie les gens (...) Lorsque je suis allé en prison, j’étais très bon ami avec Jay. En tous cas, plus qu’avec Damon Dash. Mais je n’ai jamais eu de nouvelles de Jay. Pas une lettre en sept ans. Alors que Damon Dash, lui, a gardé contact avec moi (...) Il m'a même fait une dédicace sur la chaîne BET. Vous savez ce que ça fait à un type qui est incarcéré ? » Le rappeur Little Shawn. 

88. Le Bash de Dash

Derrière le mythe Jay-Z, il y a une myriade de producteurs, d’entrepreneurs et d’associés laissés plus ou moins dans l’ombre. Parmi eux, Damon Dash donc, co-fondateur de Roc-A-Fella Records et, jadis, ange gardien du rap- peur. Dash a très mal vécu la mort du label et sa séparation avec Jay-Z :« Quand je pense que j’ai tout fait pour que, justement Jay-Z n’ait rien à faire. Il n’avait qu’à me murmurer un truc et je m’en chargeais (...) Lorsqu’il est parti, c’est comme si mon frère m’avait quitté», a-t-il raconté au New York Magazine. En 2004, après avoir revendu ses parts du label à Def Jam, Dash tente de lancer Dame Dash Music Group en signant des rappeurs comme Beanie Sigel ou M.O.P. Fatigué par le business de la musique, c’est finalement dans le cinéma que Damon Dash ira s’échouer en produisant des mauvais films, en écrivant des mauvais scénarios et en tenant des mauvais rôles. Depuis, sa femme, la créatrice Rachel Roy, l’a quitté, il croule sous les dettes et dans un dernier souffle d’espoir il a décidé de réécrire lui-même sa page Wikipedia pour souligner à quel point Jay-Z ne serait rien sans lui. Depuis, la page a été supprimée. Aux dernières nouvelles, Dash était à deux doigts de se faire virer de sa mansion.

89. Bras droit

Anciennement chargé de signer les jeunes artistes chez Roc-A-Fella puis Def Jam, JayBrown est aujourd’hui au sommet de la pyramide chez Roc Nation où il gère la branche management. Ainsi, c’est lui qui est à l’origine des stratégies artistiques de Rihanna, Shakira, Kylie Minogue, M.I.A., Santigold ou encore Rita Ora. En dealant un partenariat avec la boîte de management anglaise Three Six Zero – qui s’occupe de Calvin Harris, Crookers et Deadmau5 – Jay Brown a également réussi à se booker une écurie de producteurs de tubes au services des starlettes de Jay-Z.

90. Illuminati state of mind

C’est bien connu, Shawn Carter serait un des ambassadeurs les plus actifs des Illuminati. Les preuves? Jay-Z est copain-copain avec d’autres Illuminati influents: Barack Obama, Kanye West et Warren Buffet. Et puis, il y a aussi les quatre têtes de bouc et les quatre étoiles à cinq branches, signes du malin, qui se cacheraient sur la pochette de Watch The Throne. Par ailleurs, Blue Ivy, le prénom donné à sa première née, aurait une consonance satanique (fille de Lucifer, rien que ça). Sans compter le fameux signe, les deux mains jointes formant un triangle, censé rappeler la forme d’un diamant, qui serait en réalité une pyramide, le grand symbole des conspirateurs. Mais pour l’ancien catcheur Diamond Dallas Page, Jay-Z est avant tout un sale petit copieur. Le rappeur aurait osé plagier son signe de main fétoche pour sa ligne de vêtement Rocawear. En 2005, le lutteur lui a ainsi intenté en procès. Qu’il a perdu, faute de copyright.

91. Traitement de faveur

L’année dernière, Neil Coulon, petit entrepreneur anonyme de Brooklyn, a poussé un coup de gueule contre Jigga dans les colonnes du Daily News. Et on ne peut pas lui en vouloir: les gardes du corps du rap- peur lui auraient refusé l’accès à la salle de soins intensifs, où sa femme venait d’accoucher de jumeaux. La raison: les couloirs devaient être dégagés pour laisser passer le mogul dont la reine B. accouchait au même moment.

92. Éléphantesque

Jay-Z est, en compagnie du Notorious B.I.G. et de Busta Rhymes, l’ancien lycéen le plus connu de la George Westinghouse Career and Technical Education High School à Brooklyn. S’entretenant avec MTV, Busta Rhymes faisait le récit il y a quelque temps d’une légendaire battle l’ayant opposé à Jay-Z en plein milieu de la cafétéria du bahut. Une battle dont Jay sortit victorieux de l’aveu même de son adversaire.

93. Patrick, Michel et Jigga

Après avoir assisté à la finale homme de Roland Garros de juin 2010, Jay et B. se sont offerts un détour par Rilly-la-Montagne et la cave de champagne Cattier d’où vient le fameux Armand de Brignac. Une maison fréquentée également par Patrick Timsit et Michel Platini. Star système.

94. Pépiniériste

WondaGirl. C’est le nom de la productrice créditée sur la piste Crown, extrait du fameux Magna Carter Holy Grail. Inconnue au bataillon, Wonda Girl est en fait une adolescente canadienne de 16 piges, Ebony Oshunride. À 9 ans, la nana tombe sur une vidéo de JayZ et Timbaland en studio et trouve sa voie lactée. Depuis, elle télécharge des logiciels et bidouille des rythmes sans s’arrêter. Et puis cette année, elle a tenté sa chance en envoyant un de ses beats à une connaissance, le rappeur Travis Scott. Qui sait, celuici pouvait peut-être la placer quelque part. Tiens donc : au moment de recevoir le fichier audio de la belle, le type se trouvait en studio avec Jay-Z. Bingo. La vie simple.

95. Champagne shower

Amour pour les bulles françaises, notamment pour celle de la marque Cristal. Du moins, jusqu’en 2006. L’année du clip de «Show Me What You Got» dans lequel un serveur présente à Jigga une bouteille de Cristal, qu’il refuse d’un revers de main dédaigneux. Explications. Lors d’une interview, le patron de Louis Roederer, marque qui possède Cristal Roederer, se voit demander ce qu’il pense ducette marque. La réponse est mordante : « Mais que pouvons-nous y faire ? On ne peut pas interdire aux gens d’en acheter. Je suis sûr que Dom Pérignon ou Krug seraient ravis des les avoir en clients.» Mauvaise idée. Mis au courant des propos du dirigeant de Roederer, Hova raye de la carte de ses clubs toutes les bouteilles de Cristal pour les remplacer par du Dom Perignon et du Krug. Toujours dans le clip de « Show Me What You Got », le rappeur affiche le label Armand de Brignac comme son nouveau goulot favori. Ce qui suffit alors à liquider les stocks initiaux de la marque. Le journaliste Zack O’Malley Greenburg avance que pour placer quelques paroles sur la marque dans ses textes, Jay-Z pourrait ramasser quatre millions de dollars par an.

96. Le sacrifice Illuminati

En 2011 gronde une rumeur embarrassante. Les tabloïds prêtent à Jay-Z une relation extra-conjugale avec un quidam appelé Cathy White. En septembre de la même année, la demoiselle meurt d’une rupture d’anévrisme. Il n’en fallait pas plus pour que les conspirationnistes se ruent dans les brancards et accusent le rappeur d’être derrière cette disparition.

97. Joystick

À la fin des années 1990, Poke et Tone des Trackmasters sont les producteurs les plus côtés du moment : le duo travaillent avec Nas et Will Smith en passant par Mariah Carey, R. Kelly et Dr.Dre. Aussi, les deux artistes se verront obligés de collaborer avec Jay-Z après que celui-ci a battu leur manager de l’époque, le fameux Steve Stoute lors d’une partie de Madden Football sur console. Si à l’époque la guerre entre Jay-Z et Nas n’a pas encore éclatée, les Trackmasters se garderont bien de rester intimes avec Jay et ce, malgré le fait que Tone ait grandit dans le même immeuble que la famille Carter.

98. Who got gunz

Au début des années 2000, les autorités américaines veulent faire le grand ménage dans le game après la mort de Tupac et Biggie. Jay-Z, fliqué par la Gang Intelligence Unit du NYPD, est arrêté un soir sur le seuil d’un club pour possession d’arme alors que son garde du corps est aperçu glock à la ceinture. Un témoin oculaire parlera de coup monté des policiers. Jay-Z ressortira libre le lendemain de son arrestation après avoir payé une caution de 10 000 dollars.

99. Paire de rois

Au moment de l’écriture de son Blueprint et de la sortie de l’album Invincible de Michael Jackson, Jay et ce dernier se rapprochent. Au point que le King of pop se fasse un plaisir d’apporter sa voix aux chœurs, du refrain de «Girls, girls, girls», second single du Blueprint, sans être crédité. Cette complicité connaitra son zénith lorsque le rappeur de Brooklyn invitera Michael sur la scène du Summer Jam de la radio Hot97 au Giants Stadium du New Jersey. Une foule en délire réservera un accueil bouillant à un Roi qui était, à ce moment-là, en proie à de nombreux tourments judicaires et financiers.

Les 99 choses que vous ne connaissez pas sur Jay-Z : Partie 1 

Les 99 choses que vous ne connaissez pas sur Jay-Z : Partie 2

par Marc-Antoine Simoni, Yassine Badday, Louise Chen, Simon Clair, Pierre Labrunie, Mehdi Maizi, Massaer Ndiaye, Nicolas Pellion, Dimitri Demont et Maxime Vatteblé. Dossier coordonné par Raphaël Malkin.