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99 choses que vous ne connaissez pas sur Jay-Z. Part 1/3 : Du Heartbreaker à l'interrogatoire

Dossier coordonné par Raphaël Malkin

99 choses que vous ne connaissez pas sur Jay-Z. Part 1/3 : Du Heartbreaker à l'interrogatoire
Dossier coordonné par Raphaël Malkin

Jay-Z est partout. Tout le temps. Si l’homme est aujourd’hui classé parmi les personnes les plus influentes du monde, -dont la fortune était estimée à 520 millions de dollars par Forbes en avril 2014- c’est parce qu’il accompagne notre quotidien comme personne. Que ce soit pour un featuring, un concert, un contrat business, une news people, l’actualité de Jay-Z, ce rappeur au costume d’entertainer et à la malette d’entrepreneur, a un écho énorme qui nous revient forcément aux oreilles. 

C'est comme si toutes les informations menaient à Jay-Z. Et puis ne serait-ce qu’au chapitre de la scène, connaît-on un autre rappeur capable de prendre sa retraite pour finalement revenir plus fort ? Et s'offrir d'ailleurs deux dates au Stade de France les 12 et 13 septembre avec sa conjointe (ndlr: la reine du Rnb Beyoncé, qui orne d'ailleurs notre une du mois) ? Mieux : connaît-on un autre rappeur de presque 44 ans – Jay-Z est né en 1969 ! – à qui l’on accorde encore du crédit et dont on attend avec une impatience fiévreuse les nouveaux projets. Non et non. Ceci dit, l’aura planétaire dont bénéficie l'homme n’est pas si vieille que ça. Grosso modo, disons que c’est depuis 2009 et la sortie de son Blueprint 3 – porté par l’utra efficace « Empire State of Mind » et les bons offices de Kanye West – que le hip hop mogul surplombe le monde.

Et avant ? Qui est capable de citer par cœur la discographie du rappeur ? Si l’on imagine connaître Jay-Z du fait de son hyper présence sur l’avant-scène, on en sait finalement assez peu sur son parcours, sur les lignes droites, les virages et les dos d'âne qui émaillent sa carrière longue d’une vingtaine d’années maintenant. A-t-il toujours été au top ? Comment a-t-il construit son affaire ? Par quel biais s’est-il imposé comme un entrepreneur de génie? Sur Jay-Z, on sait tout, sans vraiment rien savoir. Lui disait qu’il avait 99 problèmes, mais qu’une « bitch » n’en était pas un. Voilà 99 secrets sur Jay-Z, picorés ça et là dans un lot qui en comporte évidemment bien plus. Pour tenter de lever le voile sur une vie incroyable. 

Les 33 premiers secrets d'une série de 99 : 

1. Heartbreaker

Feu l'égérie R’n’B Aaliyah et Jay-Z auraient flirté ensemble pendant près d’un an, entre 1999 et 2000, sans jamais officialiser leur liaison. Pendant tout ce temps, la presse ne se mettra sous la dent que quelques photos dont celle montrant la chanteuse adossée au rappeur, lui tenant discrètement la main. Après Jay-Z, Aaliyah finira dans les bras de l’autre patron de Roc-A-Fella Records, Damon Dash.

2. Heartbreaker bis

Après Aaliyah, Jay-Z aurait, notamment, charmé le cœur de l’actrice Rosario Dawson, vue dans Kids de Larry Clark, ou encore La Nuit nous appartient, de James Gray.

3. Gros poto

C’est une douce rengaine: à chacun de ses concerts, Jay-Z paye un hommage à l’immense Notorious B.I.G., icône du rap worldwide assassinée en 1997. Loin d’être une sortie opportuniste, ce tribute s’affiche en réalité comme un mouvement naturel. Pour une simple raison: Jay-Z et Notorious B.I.G. étaient de vieux amis de Brooklyn, routards associés des corners. Sur scène, où ils se sont affichés plusieurs fois côte à côte, les deux hommes cherchaient constamment à imposer leurs styles et leurs techniques dans une sorte de compétition pleine d’émulation. «À chaque fois, je me disais que ce que B.I.G. faisait était dingue et je voulais faire toujours plus dingue», a expliqué Jay-Z. « B.I.G. admirait Jay. Je crois qu’il se reconnaissait en lui », avançait de son côté la rappeuse Lil’ Kim, dauphine du gros Notorious. Il y a quelques années, Jay-Z a indiqué que l’écriture de son album In my Lifetime Volume 1, sorti en novembre 1997, avait été grandement influencée par la disparition soudaine de son acolyte. Sur le titre « Friend or Foe 98 », Jay se propose même de balancer de la glace en l’air pour honorer la mémoire du « plus gentils des MC ». Aussi, sur Magna Carta Holy Grail, on retrouve le souffle de Biggie entre deux rimes du titre « Jay-Z Blue ».

4. La porte au nez

1993. Alors qu’il n’est encore qu’un rappeur connu des seules rues de Bedford-Stuyvesant à Brooklyn, Jay-Z se fait embarquer par ses amis Damon Dash et le DJ Clark Kent dans une tournée des labels, histoire de dégotter un contrat juteux et, ainsi; de franchir un cap. Raté. Lyor Cohen, l’éminent patron de Def Jam, la maison mère de LL Cool J, EPMD et Public Enemy, donne tout de suite une fin de non recevoir. Idem chez Polygram, où l’on indique que la signature des platinés Black Sheep suffit amplement. 

5. Éloge funèbre

Sur In my Lifetime Volume 1, Jay-Z avoue avoir réchauffé quelques vieux lyrics de son ami Biggie. Un exercice que le rappeur renouvelle plusieurs fois par la suite. Biggie sur «Kick in the Door» (1997): «Your reign on the top was short like leprechauns / As I crush so-called Willies, thugs and rapper dons»; Jigga sur «The Ruler’s Back» (2001): «Your reign on the top was shorter than lepre- chauns / You can’t fuck with Hov, what kind of X you on?». Le «Stop your blood-clot crying / The Kid, the dog, everybody dying, no lying /» du «You’re Nobody ‘till Somebody kills you» (1997) de Biggie se retrouve stricto sensu sur le «D.O.A» (2009) de Jay-Z. Il n’en faut pas plus pour que les – rares – détracteurs de ce dernier crient au blasphème et rappellent à l’envi qu'il n’aurait jamais autant dévoré l’avant-scène si Notorious B.I.G. n’était pas mort. De son côté, le rappeur revendique cette intertextualité, affirmant vouloir ainsi maintenir en vie les textes de feu son compère. Jolie parade.*« Ton règne au sommet a été aussi court que le bonnet d’un lutin / Alors que j’explose les soi-disant caïds, gangsters et les rappeurs parrains »

6. Ready or not ?

Aujourd’hui, quand il débarque à Paris, seul ou accompagné de Kanye West, Jay-Z remplit facilement les quinze mille places de Bercy. Chacun de ses concerts se joue à guichets fermés. Normal, pour une tête d’affiche. Ah, il est loin le temps où le rappeur, à peine connu, se présentait sur la pointe des pieds. Pour son tout premier concert en France, en 1995, Jay-Z chauffait le public du Zénith parisien, en première partie, d’un groupe bien plus célèbre que lui à l’époque : Les Fugees.

7. Marché aux puces

Sans label, Jay-Z sort donc son premier single, «In my Lifetime», en indépendant. Avec Damon Dash, il distribue son disque dans les rues de Brooklyn en le sortant directement du coffre de sa voiture. À cette époque, aucune radio ne passe le titre.

8. Dommage

Le premier label qui montre de l’intérêt pour Jay-Z dans le creux des années 1990 s’appelle Pay Day Records, une petite structure de l’hip hop indé new-yorkais. Les termes du deal: près de 30 000 dollars pour Jay-Z « contre une poignée de singles et quelques albums », dixit aujourd’hui le journaliste Combat Jack, ancien acolyte du rappeur. En 1995, Pay Day Records ressort le fameux «In my Lifetime». Un flop total. La faute à un marketing bancal. Jay-Z rompt rapidement les termes de son contrat. Deux ans plus tard, il sortira avec son propre label, Roc-A-Fella Records (monté avec ses associés Damon Dash et Kareem Burke), son premier album, l’immense Reasonable Doubt. « Aujourd’hui, quand je croise Patrick Moxey, l’ancien patron de Pay Day Records, celui-ci baisse les yeux. Il sait qu’il a raté un coche », racontait récemment Combat Jack. 

9. Steve les bons tuyaux

S’il ne paye pas de mine sous ses airs de petit bonhomme endimanché, Steve Stoute est en réalité l’une des figures les plus importantes du marketing américain. Cet ancien pilier de l’industrie du disque – il a notamment lancé Eminem, Mariah Carey et conseille Jay depuis belle lurette – est à l’origine des célèbres publicités Budweiser présentées au Super Bowl, chaque année. En 2008, il a monté, avec Jay-Z, Translation Advertising, une compagnie dont le but est d’aider les entreprises à s’approcher des « consommateurs multiculturels ». Steve Stoute a notamment travaillé sur le lancement des Brooklyn Nets.

10. Homme sandwich

Finaud comme jamais, Steven Stoute a un jour demandé à Jay-Z. de caler le nom de Motorola (dont il est conseiller marketing) dans un de ses titres pour booster la popularité de la marque. Aussitôt dit, aussitôt fait. Dans «I Just Wanna Love U » (2000), Jigga balance : «Only way to roll, Jigga and two ladies / I’m too cold, Motorola two way page me ». Bingo, le pager T-900 Two Ways de Motorola de- vient un objet culte, de la rue aux plateaux de clips vidéos. Du moins, avant que les smartphones fassent leur apparition.

11. La NBA toute nue

Avec le titre «Change Clothes», tiré du Black Album (2003), Jay-Z affirme son envie de voir le hip hop changer de vestiaire. Pour le rappeur, il s’agit d’abandonner les très éculés jerseys de NBA pour enfiler des vêtements griffés et ceintrés et ainsi prendre une nouvelle dimension. Un drame pour David Stern, patron absolu de la NBA: selon ce dernier, à ce moment-là, les lyrics de Jay-Z expliqueraient la chute soudaine de la vente de jerseys franchisés. Du coup, Stern prend contact avec le fameux Steve Stoute et lui demande de passer un mes- sage: «Pourriez-vous demander à Jay-Z de “changer de vêtements”, à nouveau ? »

 

12. Rappeur primaire

En 2007, Jay-Z en- registre une couleur à son nom : le bleu Jay-Z. Une teinte imaginée à l’occasion d’une collaboration avec le constructeur automobile General Motors. À noter qu’en fin de compte, la fameuse couleur n’a pu être enregistrée en tant que Pantone.

13. Un Blanc dans la bergerie

Voilà John Meneilly, bras droit et éminence grise historique de Jay. Ancien de chez Provident Financial Management, une boîte qui s’occupe des investissements plusieurs artistes, Meneilly a rejoint Jay-Z lors des premières années de Roc-A-Fella pour gérer les différents business du la- bel. Aujourd’hui, ce New-Yorkais à la gouaille, au goitre et à la bedaine toute irlandaise contrôle toutes les affaires du rappeur, ses comptes et son image. « John Mallinionaire is my consigliere », rappe Jay Z sur le freestyle « A Billi » (2008). 

14. Sauvé par le gong

La deuxième strophe du célèbre « 99 problems » (2004) fait explicitement référence à un épisode vécu par Jay-Z. «The year is 94, in my trunk is raw / In my rearview mirror is the motherfucking law... » et ce qui suit est le récit de cette tranche de vie au cours de laquelle le rappeur fut arrêté en voiture par la police alors que son toit ouvrant était chargé de cocaïne. Sur le moment, Jay-Z refusa de laisser les policiers fouiller sa bagnole. Ces derniers firent donc appel à des collègues accompagnés de chiens renifleurs... qui ne vinrent jamais. *« On est en 1994, dans mon coffre la came est chargée / Dans mon rétroviseur ce sont les putain de condés »

15. Sur un air de jazz

À propos du nom « Jay-Z », deux idées courent depuis toutes ces années. Shawn Carter aurait voulu rendre hommage à son vieux mentor Jaz-O ; Shawn Carter aurait voulu signifier son appartenance à son borough natal en prenant les lettres de deux stations de métro, la J et la Z, traversant son quartier. Faux. « Jay-Z » serait en réalité une simple déclinaison de « Jazzy » le premier surnom du petit Shawn.

16. Mini Diddy

En 2006, quand l’annonce d’un retour de Jay-Z sur les devants de la scène se met à bruisser, c’est tout le landerneau hip hop qui s’agite. Chaque rappeur, chaque producteur veut en être. Ainsi, P. Diddy contacte Jay-Z pour lui signifier son envie de s’impliquer à ses côtés. Il veut être le producteur exécutif de la bande originale d’American Gangster. «Tu es le meilleur, mais même Michael Jordan avait un coach », dit-il à Jay-Z. Qui refuse la proposition.

17. Rockstar

Qu’est-ce qui pourrait relier Felix Pappalardi Junior, guitariste terriblement chevelu et sacrément moustachu, décédé en 1983, avec Jay? Eh bien les riffs de « Long Red » de son groupe de rock psyché Moutain, ont été samplés par le producteur Rick Rubin sur « 99 Problems ». Génie.

18. Saga Africa

2009. Avec Will Smith et sa femme Jada Pinkett Smith, Jay-Z co-produit un show de la légende de l’afrobeat Fela Kuti, à Broadway. Pour la petite histoire, c’est le batteur des Roots, Questlove, qui aurait présenté l’œuvre de Fela au rappeur. 

19. Petit à petit, l'aigle a fait son nid

Sorti en 1996, l’album Reasonable Doubt a été certifié disque de platine six ans plus tard, en 2002.

20. Une histoire de chaussettes

Cela dit, P. Diddy n’abandonne pas son affaire et convie Jay-Z dans son studio pour écouter quelques vieux samples. « Ces sons étaient incroyables, que des vieux classiques soul, exactement ce dont j’avais besoin pour American Gangster », confia plus tard Jay-Z. Ce dernier demande alors à son homologue ce qu’il compte faire de ces samples. Réponse de Diddy : « Biggie n’est plus là pour les utiliser. Aujourd’hui, je les écoute seul chez moi, en chaussettes. Il faut que tu les prennes. » Résultat : Jay-Z se sert et nomme Diddy producteur associé d’American Gangster.

21. Peau de chèvre

Quand il trainait dans la rue et pointait sur les corners, Jay-Z se faisait également appeler Cashmere Jones.

22. Opportuniste

Au milieu des années 1990, Jay-Z se met à balancer régulièrement, dans ses titres, des dédicaces à la marque de vêtements de luxe italienne Iceberg Apparel Clothing. Constatant un boom des ventes de cette dernière, le rap- peur approche ses dirigeants pour éventuellement signer un deal. Niente. Rembarré, Jay-Z décide alors de lancer sa propre marque.

23. Robert cafouille

En 2004, le « Best of Both World Tour » de R. Kelly et Jay-Z s’interrompt soudainement après un concert au Madison Square Garden de New York. Ce soir-là, R. Kelly disparaît de la scène sans crier gare après avoir cru aperçevoir des types armés dans le public. En backstage, pris dans un drôle de cafouillage, la star du R&B se prend un coup de bombe au poivre par un acolyte de Jay-Z. Un esclandre qui sonne le glas de la tournée pour un R. Kelly terriblement choqué. 

24. Robert l'embrouille

Après ces incidents, persuadé que Jay-Z a tout fait pour « saboter » la tournée par « jalousie », R. Kelly porte plainte. Il réclame 90 millions de dollars de dommages et intérêts à son ancien compère. Ce dernier ne tarde pas à contre-attaquer. Dans un document fourni à la justice début 2005, les avocats du rappeur se plaignent du comportement désastreux de R. Kelly pendant toute la tournée. Parmi les différents exemples présenter pour étayer leur dossier, les conseils de Jay-Z rapportent un épisode se déroulant lors d’un concert à Saint-Louis, Missouri : après avoir quitté la scène brusquement pour chercher des noises au préposé à la lumière, R. Kelly «est remonté sur scène, s’est incliné devant le public, s’est dévêtu (...) puis a quitté la salle pour se réfugier dans un McDonald où il s’est mis à servir des menus. »

25. Guerrier Maï Maï

L’homme qui a porté les fameux coups de bombes au poivre au visage du pauvre R. Kelly n’est autre que Ty Ty, alias Tyran Smith, le meilleur ami de Jay-Z. Ty Ty, le compagnon de fortune et d’infortune de Marcy au Madison Square, de Brooklyn à Tribeca. Jay-Z lui rend hommage régulièrement avec des dédicaces placées dans certains de ses titres. Ty Ty est aujourd’hui le « road manager » du rappeur.

26. Nègre

«Still taking my time to perfect the beat / And I still got love for the streets, it’s the D-R-E». Il y a un peu plus de dix ans, «Still D.R.E.» de Dr. Dre et Snoop Dogg bras- sait des rayons de soleil californien sous tous les toits du monde. Un titre pourtant écrit loin des plages de Los Angeles, à New York, par ce cher Jay-Z, ghostwriter à ses heures perdues – « Je gagne beaucoup d’argent en ne vous disant pas pour qui j’écris», indiqua-t-il un jour au magazine Vibe. Pour « Still D.R.E. », Jigga a du s’y reprendre à deux fois. Dans sa première version, le rappeur avait ainsi calé trop de références bling, tout en voitures rutilantes et champagne écumant, au goût du Docteur.*« Encore appliqué pour rendre le rythme parfait / Et j’ai encore autant d’amour pour la rue, c’est le D-R-E »

27. Golden Che

Dans Decoded, Jay raconte notamment comment, un jour, une journaliste l’a interpellé sur le fait qu’il puisse porter, en même temps, un tee-shirt à l’effigie de Che Guevara et un pendentif clinquant autour du cou. Chatouillé par la remarque de son interlocutrice qui le renvoyait ainsi à une certaine incohérence, Jay-Z explique dans son livre: « Je n’arrivais plus à me concentrer. Je ne pensais qu’à cette grosse chaîne pendouillant sous le nez du Che.» Une tension que le rappeur a finalement réussi à résumer dans une des strophes de son «P.S.A.» (2003): «I’m like the Che Guevara with bling on, I’m complex ». *«Je suis comme Che Guevara portant des bijoux, je suis complexe» 

28. Action & réaction

Lorsque le journaliste du magazine Forbes Zack O’Malley Greenburg tente d’approcher Jay-Z pour lui proposer une éventuelle collaboration sur son projet de biographie, on le renvoie vers John Meneilly, le business manager. « Qu’est-ce qu’on y gagne ? », demande alors ce dernier à O’Malley Greenburg. Rien. Cherchant – peut-être – à désamorcer quelques bombes, Jay-Z et ses conseillers contactent dans la foulée la critique Dream Hampton pour préparer une autobiographie, « officielle ». Decoded est sorti en 2010. Le livre d’O’Malley Greenburg, Empire State of Mind: How Jay-Z went from the street corner to the corner office, a été publié un an plus tard.

29. Album crêpu

Parmi les autres superstitions de Jay-Z à l’heure de rentrer en studio, il y a celle selon laquelle le rappeur décide de se laisser pousser les cheveux jusqu’à ce qu’il ait terminé d’enregistrer.

30. Un ornement pour un sacrement

Cette fameuse chaîne représentant le visage de Jésus avait, dans le passé, appartenu à Notorious B.I.G. C’est un objet fétiche pour Jay-Z, qui le porte à chaque fois qu’il enregistre un album.

31. L'échec d'un supergroupe

En 2004, l’administration pénitentiaire américaine enregistre la conversation téléphonique d’un détenu incarcéré dans une prison fédérale, à Brooklyn. L’homme, Kenneth « Supreme » McGriff, passe un coup de fil à l’un des tous premiers producteurs de Jay-Z, Irv Gotti, désormais patron du label hip hop Murder Inc.. Au téléphone, McGriff explique à son interlocuteur qu’il veut charger ses avocats de joindre Jay-Z pour que ce dernier l’aide à financer sa défense. «C’est une bonne idée, répond Gotti. Jay demande comment tu vas, à chaque fois que je le vois.» Jay-Z et McGriff se connaissent de- puis plusieurs années, du temps où le second cherchait à rallier le premier à Murder Inc., aux côtés de deux autres rappeurs new-yorkais, Ja Rule et DMX. Une affaire qui ne s’est jamais concrétisée : soupçonnant ce lascar de McGriff de tremper dans de sales affaires, Jay-Z et DMX ont fini par prendre leur distance. Quelques temps plus tard, McGriff était arrêté pour trafic de drogue, racket et homicides. Jay-Z n’a jamais rien payé pour sa défense. 

32. Aéroglisse

Dès qu’il a sa première voiture, Jay-Z se met à faire des tours dans Brooklyn et Manhattan fenêtres ouvertes et lecteur CD à fond. Parmi les musiques favorites du rappeur pour ses virées en solo : Aerosmith.

33. Interrogatoire

« Avez-vous déjà tué quelqu’un ? - Non. Et de toute façon, si c’était le cas, je ne vous le dirais pas. – Avez-vous déjà fait tuer quelqu’un ? Je ne vous le dirais pas non plus. Mais non, ça n’est jamais arrivé. – Bien. Je me posais seulement la question. – Oh mince, vous vous posiez la question ? Laissez-moi vous en poser une de question : je vais aller en taule lorsque cette interview sera publiée, ou pas ? Je dois me préparer à quitter le pays, ou pas ? » Extrait d’une interview de Jay-Z par la journaliste Dream Hampton dans le magazine Vibe en décembre 1998. Dans son papier, la journaliste essayait de lever le voile sur le passé de dealer de Jay-Z, mettant également en avant les soupçons selon lesquels le label Roc-A-Fella aurait été financé avec l’argent de la drogue et servait de couverture pour d’éventuels blanchiments. Jay-Z a toujours refusé de s’étendre sur ce sujet.

Les 99 choses que vous ne connaissez pas sur Jay-Z : Partie 2

Les 99 choses que vous ne connaissez pas sur Jay-2 : Partie 3

par Marc-Antoine Simoni, Yassine Badday, Louise Chen, Simon Clair, Pierre Labrunie, Mehdi Maizi, Massaer Ndiaye, Nicolas Pellion, Dimitri Demont et Maxime Vatteblé. Dossier coordonné par Raphaël Malkin.