Les fondations éclectiques de Cabanne

Propos recueillis par Mathilde Guillot

Les fondations éclectiques de Cabanne
Propos recueillis par Mathilde Guillot

Des chorales catholiques, aux clubs underground, Cabanne est devenu une pointure dans la musique électronique minimale. En sept EPs on rembobine un parcours original à base de soirées, de rencontres, et de potes.

Toge rouge, couvre-chef noir, tête d’ange, voilà Cabanne à 8 ans. Inscrit dans une école catholique de Côte d’Or, le garçonnet joue du gosier et de la glotte dans des choeurs de chant grégorien. C’était il y a bien longtemps. À 41 ans, le bonhomme est résident de Concrete, à Paris, mixe au CDV berlinois et s’acoquine de temps à autres avec des artistes comme Ricardo Villalobos, Dimbiman, Daniel Bell ou encore Ark et Dandy Jack. Une situation à des années lumières de ses débuts, fruit génial d’une longue reconversion. 

Après l’école et ses curés, Cabanne intègre une école de musique où il se forme aux mélodies jazz et aux accords de guitare. Son crédo d’alors, c’est le rock et le pop. Du moins, jusqu’à ce qu’il se fasse une terrible tendinite qui l’empêche soudainement de gratter les cordes de son instruments. Handicapé, le jeune homme se terre dans sa chambre, les yeux fixés sur un écran d’ordinateur. Il se laisse convaincre par des amis de s’essayer aux platines. Avec son vieux pote David Gluck, il forme bientôt Ultrakurt, une formule aux tons transe. 

Repéré par Zip du label berlinois Perlon et Daniel Bell de 7th City, un label de Détroit, Cabanne enchaîne rapidement les collaborations, les sorties et les shows. Il passe aussi par deux labels français, Logistic et Karat et trouve même le temps de fonder deux labels : Telegraph et Minibar.

« Pantytec Rmx » - Ultrakurt – perlon , 2002

« Avec David Gluck, quand on fait de la musique ensemble c’est toujours n’importe quoi. Au départ, Pantytec avait remixé l’un de nos sons. Nous, on aimait carrément ce qu’ils faisaient, ça nous a fait plaisir. En échange, on a remixé un de leurs sons. C’est un bon échange de procédé. C’est grâce à ça que l’on a rencontré Zip de Perlon. Pour la petite histoire, mon pote David Gluck, qui est à moitié allemand, avait logé chez Zip pendant six mois à Berlin. Je pense que c’est aussi le genre de rencontre qui nous a aidé dans notre carrière »

« Can’t Stand » - Cabanne - 7th city, 2002. 

 « À l’époque où j’avais sorti ce son, en 2002, il avait été mal étiqueté. Il portait le nom de John Thomas. Daniel Bell de 7th City est tombé dessus et il a adoré. Il a même félicité John Thomas d’avoir réussi à changer de style aussi vite. Quand on s’est rendu compte de l’erreur, on a tout réetiqueté à la main et je me suis retrouvé a faire une collaboration avec 7th City. En fin de compte, la majorité des gens avec qui j’ai travaillé connaissaient ma musique avant de me rencontrer. »   

« Copacabannark » – Cabane et Ark – Perlon, 2002. 

« On a fait ce morceaux après la Garden Parade à Berlin. Cette soirée, c’est la plus belle que j’ai faite. C’était en 2002. À l’époque, ce n’était pas aussi connu que maintenant. C’était une petite scène de 300 personnes avec uniquement des initiés qui venaient pour la musique. Nous, on était tous de Perlon, ça avait durée quarante-huit heures. Peut-être plus, je ne sais plus. »

« Le Crapin » - Cabanne – Telegraph, 2003. 

« “Le Crapin”, c’est le premier morceau que j’ai fait sur Telegraph. C’est un sous label de Logistic avec qui on bossait. En fait, j’ai créé ce label pour pouvoir faire et produire ce que je voulais, les artistes qui me plaisaient. Nous, c’était plus minimal et ça correspondait moins à Logistic. Après, on s’est séparé pour des histoires en internes. » 

« L’Usine Rmx » - Dimbiman et Cabanne - Ghostly International, 2004. 

« Dimbiman, c’est Zip. J’étais très content de travailler avec lui parce que j’aime vraiment ce qu’il fait. Pour ce morceau, j’ai juste fait des accords de guitare qu’on a enregistrés. Lui, il a simplement ajouté des effets et les a remixés. Moi, je n’ai jamais réussi à intégrer la guitare ou le jazz dans mes morceaux, je n’ai pas assez de distance avec ma musique. Mais, là ça rendait bien. » 

« Smilling Papers » - Cabanne - Perlon, 2006

« C’est le premier son que j’ai produit seul sur l’album Superlongevity de Perlon. C’était un peu une consécration. Je me suis retrouvé à côté de Ricardo et Dimbiman. Le nom ? C’est une référence aux buvars qui font rigoler ! »

« Zoso » - Cabanne - Concrete Music, 2013

« Les gens de Concrete font du bon travail pour la scène parisienne. Ils ont réussi à mettre la scène techno au premier plan. Ce morceaux, c’est un son que je leur ai donné, c’est un peu la consécration du travail que je fais avec eux. »

Cabanne se produira au Weather Festival 2015

Propos recueillis par Mathilde Guillot